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Accueil > A propos du LPP > Communication > Actualités archivées > 2011 > Christophe Coillot, Ingénieur de Recherche au LPP et lauréat du Cristal 2011 du CNRS

La passion au service du progrès scientifique :

Christophe Coillot, Ingénieur de Recherche au LPP et lauréat du Cristal 2011 du CNRS




Le Cristal du CNRS distingue chaque année des ingénieurs, des techniciens et des administratifs qui "par leur créativité, leur maîtrise technique et leur sens de l’innovation, contribuent aux côtés des chercheurs à l’avancée des savoirs et à l’excellence de la recherche française." Ces qualificatifs s’appliquent parfaitement à Christophe COILLOT, qui anime l’équipe instrumentale « magnétomètres / analyseurs de bord » au laboratoire de Physique des plasmas depuis la création du laboratoire en 2009. Ancien élève de l’ENS Cachan, agrégé en Génie électrique, il obtient son doctorat en Electronique, Optronique et système à l’université de Montpellier II en 1999 avant de rejoindre le CNRS en 2001 en tant que responsable des activités magnétomètres au CETP (Centre d’étude des Environnements Terrestre et Planétaire), situé à Vélizy. Lors de la fusion du CETP avec le LPTP (laboratoire de Physique et Technologie des Plasmas) qui donne naissance au Laboratoire de Physique des Plasmas en 2009, il déménage avec son équipe au sein du nouveau laboratoire sur le campus de l’Ecole Polytechnique, à Palaiseau. Le souci permanent d’innover est une caractéristique de Christophe, constaté par sa hiérarchie qui souligne que « depuis son arrivé au CNRS, il a su renouveler complètement les techniques de mesure du magnétisme continu et alternatif pour les plasmas spatiaux, en proposant des améliorations substantielles d’instruments existants et en concevant de nouveaux instruments. […] En très peu d’années, il a transformé l’activité de l’équipe et il a mis en place une activité de recherche performante qui a donné lieu à plusieurs publications et brevets. » Son goût et sa passion pour l’enseignement et sa capacité à mettre en œuvre des collaborations pertinentes pour faire avancer les études sont d’autres qualités soulignées par sa hiérarchie.
Lui-même ne s’attendait pas à recevoir ce prix : modeste, il estime que c’est une récompense accordée avant tout aux activités de toute son équipe et de leur travail commun. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ce garçon charmant, brillant et d’une grande gentillesse, qui vient d’être père pour la deuxième fois.




INTERVIEW DE CHRISTOPHE COILLOT par le site LPP.FR


Lpp.fr : Pour toi, qu’est-ce que ce prix récompense ?

Christophe C. : C’est une reconnaissance des améliorations apportées aux magnétomètres alternatifs de type search-coil développés au LPP tant du point de vue de la réduction de taille et de masse de ces instruments que du point de vue du service scientifique rendu, en particulier une augmentation de la bande de fréquence de mesure (2 à 3 décades supplémentaires par rapport aux technologies précédentes). Ces améliorations ont abouti à une nouvelle génération des capteurs magnétiques qui seront utilisés dans les futures missions spatiales de physique des plasmas – notamment MMS (Magnetospheric Multiscale Mission, NASA [NDLR]), Taranis (Microsatellite du CNES ; l’instrument est mis au point au LPC2E, Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Espace, Orléans), Bepicolombo (exploration de Mercure, mission nippo-européenne), Solar Orbiter (instrument mis au point au LPC2E, mission ESA pour l’étude du vent solaire proche du Soleil) et EJSM (projet pour l’étude de Jupiter et de son satellite Europa).


Magnétomètre hybride Triaxr pour la mission Bepicolombo


Lpp.fr : Qu’est-ce qui, selon toi, a conduit le jury à t’attribuer ce prix ? Pourquoi as-tu été sélectionné ?

Christophe C. : Je n’ai pas fait de démarche particulière de candidature. C’est la direction du laboratoire qui m’a proposé pour le Cristal (sans doute parce que j’apparais comme un facteur commun de développements instrumentaux réalisés au laboratoire). Lorsque je l’ai appris, je me suis senti gêné car les résultats obtenus par notre équipe sont le fruit d’un travail collectif et que je ne pouvais pas me les attribuer à titre personnel ; mais ce prix constitue une récompense pour l’ensemble de l’équipe et du laboratoire, et contribue à sa reconnaissance.
Parmi les raisons qui peuvent expliquer ma nomination, on peut sûrement mentionner une R&D active sur l’instrumentation, une collaboration ouverte et chaleureuse avec de nombreux laboratoires (LPC2E, L2E, Laboratoire de génie électrique de Paris et la Division technique de l’INSU) et industriels, beaucoup de publications, et le fait que nous ayons fait voler des prototypes de magnétomètres originaux sur de nombreuses fusées. Un des facteurs de succès est que nous avons réalisé des mariages improbables entre des technologies issues de la microélectronique - voire des nanotechnologies - et des objets volumineux comme des concentrateurs magnétiques qui conduisent à des améliorations de performance importantes (plus d’un rapport 100). Un autre point fort de l’équipe est d’être allé au bout de toutes nos idées, ce qui passe par autant d’échecs que de réussites mais dont nous apprenons toujours quelque chose. Ces résultats nous permettent de nous orienter, peut-être, vers des magnétomètres encore plus compacts, légers et polyvalents (mesure des champs quasi-continus et alternatifs à la fois) ce qui décloisonnerait nos magnétomètres de leur domaine d’application privilégié : l’astrophysique.

Ce prix récompense le travail et les résultats d’équipe du laboratoire. La principale qualité que j’apporte à cette équipe est peut-être mon obstination à vouloir améliorer les instruments pour contribuer aux progrès scientifiques et leurs applications au service du public, et mon enthousiasme à travailler au sein d’une équipe soudée. Nous avons déposé plusieurs brevets : c’est notre façon pragmatique de rendre des comptes à la société civile de nos avancées en essayant d’ouvrir la porte à des débouchés industriels, même si c’est à double tranchant puisque d’un côté, ces brevets présentent l’avantage de rendre visible nos développements auprès des entreprises, mais dans le même temps, leur utilisation à des fins commerciales devient privée… et peut rentrer en conflit avec notre mission de service public.


Macroconcentrateur




Lpp.fr : Quels sont les facteurs qui ont favorisé vos recherches, et aussi ceux qui les ont compliquées ?

Christophe C. : Nous avons bénéficié de financements du CNES et de l’UPMC chaque année sur des sujets nouveaux, qui nous ont permis à chaque fois d’aller au bout d’une idée.


Lpp.fr : Et quels ont été les freins ?

Christophe C. : les lourdeurs des procédures administratives notamment concernant l’utilisation des financements universitaires. Le soutien et la proximité de nos collègues administratifs sont essentiels pour nous aider à dépasser ces lourdeurs. De nombreuses contraintes constituent des difficultés pour les utilisateurs, qu’il s’agisse des restrictions dans l’utilisation des financements (durée d’utilisation), de l’obligation de lancer des appels d’offres conformément à la réglementation… Au final, il arrive qu’une partie des financements soit perdue avant d’avoir été utilisée. Un exemple, parmi d’autres : pour l’achat d’un microscope, nous avions trouvé un modèle avec une offre de prix et un délai très intéressants en contactant directement le fournisseur, mais nous n’avons pu l’acheter qu’après plusieurs semaines et de multiples appels d’offre car certaines pièces du microscope étaient négociées dans le cadre d’un marché public et d’autres pas… au final, nous avons dû acheter le microscope en pièces détachées, puis le remonter ! Ce genre de « blagues » a parfois des conséquences sur notre quotidien car il n’est pas rare qu’on doive travailler jour et nuit plusieurs jours d’affilée pour rattraper le retard et livrer nos instruments à temps.
Les difficultés concernent aussi les formalités administratives liées au recrutement de collaborateurs et de stagiaires étrangers : carte de séjour, badge d’accès au laboratoire, conventions de stages… Les délais d’obtention de la carte de séjour sont très longs. Le processus de signature des conventions de stage est aussi un parcours du combattant, entre l’administration enseignante et l’administration hebergeante. Tout le temps que nos collaborateurs et nous-mêmes passons à traiter ces problèmes administratifs réduit le temps consacré à nos travaux de recherche et développements instrumentaux.


Magnétomètre hybride


Lpp.fr : As-tu envie d’ajouter quelque chose pour conclure ?

Christophe C. : Oui : au LPP, il y a une dynamique enthousiasmante autour de l’instrumentation spatiale et une interaction exceptionnelle entre les chercheurs et les ingénieurs, ce qui explique les bons résultats obtenus et présage de bien meilleurs résultats à venir, qu’il s’agisse de l’analyseur de données embarqué mis au point pour la mission Solar Orbiter, du spectromètre 3D pour la mission ALFVEN (Projet de mission pour l’etude des regions aurorales), ou encore de l’Asic DEEPMagIC (voir notre article précédent) qui couvre les fonctions électroniques des détecteurs de particules et des magnétomètres alternatifs des missions futures.


Christophe COILLOT et Paul LEROY, intégration d'instruments pour la mission CHARM1

Voir en ligne : Les pages Internet de l’équipe d’instrumentation spatiale du LPP


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